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L’attraction des femelles fécondées de lépidoptères ; une nouvelle voie de recherche pour la protection des plantes


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Actualité publiée le : 22/11/2018 Culture : Grandes Cultures Relié aux rubriques : Innovation en marche Source : Phloème / Auteur : Ene Leppik, Centina Pinier, Jean-Baptise Thibord et Brigitte Frérot Références : 1ères Biennales de l'Innovation Céréalière - 24 et 25 janvier 2018

Les insectes spécialistes ont co-évolué avec leurs plantes hôtes et développé des liens étroits qui passent par la reconnaissance olfactive de signaux chimiques de la plante. Des recherches ont été entreprises pour comprendre comment les signaux chimiques émis par le maïs agissent sur le comportement de la femelle fécondée de la pyrale du maïs, insecte ravageur du maïs.

Dans le cadre du développement de nouvelles techniques de biocontrôle à base de médiateurs chimiques, il serait intéressant de pouvoir utiliser ces signaux pour contrôler les populations de femelles gravides. Une approche comportementale a démontré que les femelles fécondées de pyrale du maïs sont attirées par la plante hôte ; une approche physicochimique a abouti à l’identification des composés organiques volatils (COV) émis par la plante ; une approche électrophysiologique avec l’électroantennographie (EAG) a permis de trier les molécules perçues par les organes de l’olfaction. Les résultats démontrent que pendant la période de ponte de l’insecte, le maïs produit un mélange précis de COV dont certains composants sont bien perçus par les antennes de la femelle gravide. Différents mélanges à base de composés de synthèse choisis en fonction des résultats des analyses et de l’EAG ont été testés en tunnel de vol pour évaluer l’attraction des femelles gravides. Un mélange s’est avéré aussi efficace que le maïs.

Cependant des tests sur le terrain avec ce mélange n’ont pas permis de capturer les femelles fécondées, mais il a été observé qu’elles avaient tendance à pondre sur les maïs portant les diffuseurs. Les résultats sont discutés en tenant compte de la bibliographie récente et des différents paramètres à prendre en compte pour le futur : avoir un piège adapté au comportement de la Pyrale ; améliorer l’attractif pour qu’en conditions naturelles, il soit compétitif avec le maïs ; améliorer la diffusion de l’attractif. Ces travaux appliqués à un cas type d’une relation plante – insecte spécifique renforce l’idée que les agro-messages pourraient être une des solutions à inclure dans les démarches de bio-contrôle.