Arboriculture

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Alternatives au glyphosate en arboriculture


Synthèse


Actualité publiée le : 13/12/2018 Source : CTIFL - ACTA / Auteur : Maria-Martha Fernandez et Olivier Ligot Geco : Pratiquer le désherbage mécanique en verger Geco : - Utiliser des paillages ou mulchs sur le rang en verger Geco : - Utiliser la méthode sandwich pour gérer les adventices en verger Geco :

En arboriculture, la réelle problématique de gestion des adventices concerne la gestion sur le rang.

 

Les alternatives actuelles à l’utilisation des désherbants chimiques, avec un niveau d’efficacité variable, sont les suivantes :

  • Mécanique : utilisation d’un matériel-agroéquipement ;
  • Synthétique : pose de bâches en plastique perméable au pied des arbres ;
  • Organique : apport de copeaux de bois, paille ou herbe sur le rang, avec une couche de 15 cm minimium ;
  • Thermique : ralentissement de la croissance de l’herbe en soumettant les parties aériennes à un choc thermique à l’aide de brûleurs fonctionnant en propane ;
  • L’utilisation de produits de biocontrôle.

 

L’efficacité, la faisabilité et la rentabilité des alternatives synthétique, organique, thermique et des produits de biocontrôle étant limitées, la solution la plus performante et rapidement transposable reste le désherbage mécanique.

Retrouvez la fiche technique GECO « Pratiquer le désherbage mécanique en verger »

 

 

Cette lutte mécanique se décompose en la lutte mécanique avec travail du sol, et sans travail du sol. L’intervention mécanique avec travail du sol fait appel à des outils tels que des disques à chausser et déchausser, lames etc…, couplés à des systèmes d’effacement. Le travail du sol sur le rang en verger peut apporter un effet bénéfique à la production en enfouissant les feuilles au sol, diminuant ainsi la pression de la tavelure qui se conserve dans la litière du sol.

La lutte mécanique sans travail du sol fait appel aux outils de « grattage » du sol ou des outils à brosses ou à fils de type « rotofil ».

Ces travaux mécaniques sur verger, quand ils sont réalisés sur le rang, peuvent demander une adaptation du système d’irrigation s’il y en a un.

On retrouve dans le Contrat de Solutions une fiche dédiée à la lutte mécanique contre les adventices en vergers, dans laquelle les limites et contraintes de la solution sont explicitées :

Freins à lever et conditions de réussite

Les limites pour le développement du désherbage mécanique sont les suivants :

  • Impossible sur les parcelles en coteaux ou de densité élevée ;
  • Problématique pour les vergers avec un dispositif d’irrigation au sol ;
  • Diminution du calibre des produits pouvant conduire à des déclassements sur le marché ;
  • Difficilement praticable en verger installé car il détruit les racines des arbres. A contrario, il peut être intégré dans la réflexion précédant toutes nouvelles plantations ;
  • Désherbage entrainant un surcoût important, du fait du matériel nécessaire et des débits de chantier inférieurs ;
  • Risques d’augmentation d’autres ravageurs comme les pucerons, les campagnols, etc.
  • Le désherbage mécanique est incompatible avec la récolte mécanique au sol des fruits à coque et n’est donc pas envisageable pour ces cultures.

Surcoût et/ou gain de la solution :

Le désherbage mécanique en arboriculture engendre des surcoûts importants, dont voici une estimation :

Achats de matériels : 20 000 euros amortis sur 10 ans, soit 2 000 par an ;

Main d’œuvre :

- Temps de travail par an et par hectare : 7 à 10 h pour le désherbage mécanique contre 3 h pour le désherbage chimique ;

- Coût total : 2240 à 2360 euros par an et par hectare contre 315 à 360 euros /an/ha.

- Une baisse de rendement de 5 % en moyenne pour les principales productions, pour un rendement de base moyen de 50t/ha à 350 euros/t, le coût de la perte de rendement est de 875 euros/ha.

En conclusion, le coût par hectare du désherbage mécanique est de l'ordre de 3 000 euros contre près de 300 euros en désherbage chimique, soit une multiplication par 10 du coût du désherbage.

(Source : Contrat de Solutions)

 

Le système DEPHY « Ecophyto 1 Golden » dans lequel l’enherbement du verger a été géré de façon mécanique, 3 à 5 fois par an grâce à l’outil Guidalex, a fait l’impasse sur les traitements herbicides. Consultez la fiche système Ecophyto 1 Golden.

Dans le projet « EcoPêche », le système DEPHY « Faibles intrants » a fait le choix de l’enherbement à l’implantation du verger et du désherbage chimique les deux premières années afin de ne pas stresser les jeunes arbres par le désherbage mécanique, puis du désherbage mécanique les années suivantes avec un outil de grattage : la brosse. 5 à 6 passages par an ont été réalisés en fonction de la nature d'adventices. Consultez la fiche système DEPHY faibles intrants.

 

La méthode sandwich repose sur une organisation particulière du travail mécanique sur le rang et l’inter-rang en verger et en vigne. Retrouvez la fiche technique GECO « Utiliser la méthode sandwich pour gérer les adventices en verger »  Cette méthode permet de gérer les adventices sur le rang en travaillant le sol de chaque côté du rang en laissant une bande centrale enherbée sur le rang. Cette méthode ne nécessite pas de matériel à système d’effacement et permet donc une lutte mécanique plus rapide et à moindre coût. Retrouvez une vidéo du GRAB présentant la méthode sandwich et un outil spécialement conçu pour cette méthode.

Le paillage ou l’apport de mulch sur le rang est une autre méthode permettant de limiter l’apparition de la flore adventice sur le rang. Retrouvez la fiche technique GECO « Utiliser des paillages ou mulchs sur le rang en verger ». Il est à noter que le paillage est déconseillé en présence de campagnol car il peut servir de refuge à ces rongeurs.

Le désherbage thermique est une autre alternative au désherbage chimique. Cette technique consiste à créer un choc thermique sur le rang sur les plantes adventices qui dépériront ensuite dans les 48h suivant le choc.  Le coût énergétique est cependant non négligeable dans cette solution. Retrouvez l’article EcophytoPIC Matériel de désherbage thermique.

Le biocontrôle est aussi envisageable en substitution des produits phytosanitaires conventionnels. L’acide pelargonique (ou nonanoïque) et l'acide acétique entrainent une perméabilisation des feuilles provoquant la déshydratation des tissus et la dessiccation des plantes traitées. Son efficacité peu cependant varier selon les conditions météorologiques, et son coût est plus élevé que celui d’un produit conventionnel.

Le réseau DEPHY EXPE Arboriculture a publié un focus thématique 0 herbicide dans lequel les alternatives aux herbicides expérimentées dans le réseau DEPHY sont présentés, ainsi que le retour de satisfaction des expérimentateurs sur ces techniques.